Syrie : déclarations françaises [es]

Syrie : Entretien du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, avec « France Inter » - extraits

Paris, 28 novembre 2012

Q - La Syrie, Laurent Fabius. Vous avez reçu, hier à Paris, avec Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, représentant du pays, d’un des deux pays protecteurs d’un régime assassin, vous l’avez reçu cordialement, amicalement ; il n’y a donc rien à faire avec la Russie, vous avez baissé les bras sur le plan de la diplomatie à l’égard de Moscou ?

R - Non, mais en disant cela, vous savez bien que ce n’est pas ainsi que les choses se passent. Dans le cadre des rencontres de Premiers ministres, M. Medvedev a été reçu à Paris, et c’est normal que l’on reçoive le Premier ministre de la Russie. Cela ne veut pas dire que nous soyons d’accord sur tout, et en particulier, sur la Syrie. Mais cela n’empêche pas que nous gardions, et moi en particulier, le contact avec les Russes. Nous avons pris nos positions. Nous sommes un des premiers pays à avoir reconnu la coalition, qui est l’alternative à Bachar Al-Assad et vous savez que nous sommes très en pointe dans le soutien aux zones libérées. Mais dans le même temps, si l’on veut éviter un déchirement total du pays, il faut essayer de remettre les Russes à bord. Nous avons signé ensemble, il y a de cela quelques mois, une déclaration à Genève, et nous essayons avec d’autres pays de construire quelque chose sur la base de cette déclaration de Genève. Je ne désespère pas que cela soit possible.

Q - Moscou n’a pas bougé d’un iota depuis des mois.

R - Je ne veux pas me faire l’interprète de ce que pensent les Russes, mais ils reconnaissent que M. Bachar Al-Assad n’est pas le président qui a le plus d’avenir au Moyen-Orient. Simplement, Moscou dit : nous sommes embarqués en Syrie et de plus, nous voudrions qu’il n’y ait pas de chaos demain. Nous répondons que le chaos, c’est aujourd’hui. Là où Moscou peut avoir raison c’est qu’il ne faut pas que l’on se retrouve dans un schéma à l’irakienne, c’est-à-dire qu’après Bachar il n’y ait rien du tout avec la présence de djihadistes. Donc nous sommes en train d’essayer de construire, mais c’est d’abord aux Syriens qu’il appartient de le faire, une alternative à Bachar. Et nous espérons que les Russes finiront par comprendre ce point de vue.

Syrie/Liban - Réponse du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, à une question écrite à l’Assemblée nationale - Paris, 27 novembre 2012

(Paris le 27 novembre 2012)

La France est vivement préoccupée par l’intensification constante de la répression en Syrie et par les graves répercussions de la crise syrienne au Liban. Elle a immédiatement condamné l’attentat qui a coûté la vie au général Wissam al-Hassan le 19 octobre dernier, en exprimant sa solidarité vis-à-vis des autorités libanaises. Elle ne ménagera aucun effort pour garantir au Liban son indépendance, sa sécurité et son unité, contre les menaces de déstabilisation dont il est la cible. A son initiative, le Conseil de sécurité des Nations Unies a fait, le jour même, une déclaration à la presse en ce sens.

La France condamne également les incidents sécuritaires survenus ces derniers mois à la frontière avec la Syrie, qui participent de ces tentatives de déstabilisation et constituent des violations inacceptables de l’intégrité territoriale de l’État libanais. L’attentat du 19 octobre n’est pas un acte isolé : il fait suite à d’autres tentatives d’assassinat ayant visé notamment Samir Geagea et Boutros Harb, ainsi qu’à l’arrestation et l’inculpation de Michel Samaha. Dans ce contexte, il importe que toute la lumière soit faite sur ces actes terroristes et que ne soit tolérée aucune forme d’impunité.

La France encourage les différentes forces politiques libanaises à éviter le piège de la déstabilisation et de la surenchère, et à œuvrer pour l’unité du pays en travaillant dans un esprit de dialogue. Elle soutient par ailleurs les efforts des autorités libanaises pour se tenir à distance de la crise syrienne, ainsi que les démarches du président Sleimane pour préserver l’unité nationale. Dans cette perspective, le déplacement du président de la République à Beyrouth le 4 novembre dernier a été un signe fort de la solidarité de la France.

S’agissant des ressortissants français au Liban, les services de l’ambassade et du consulat général à Beyrouth se sont mobilisés aussitôt après l’attentat du 19 octobre pour s’assurer qu’aucun Français ne figurait parmi les victimes. Dans ce contexte de tensions, la France incite ses ressortissants à faire preuve d’une grande prudence et à consulter régulièrement les « Conseils aux voyageurs » sur le site du ministère des affaires étrangères. La France reste entièrement mobilisée pour faire face à des situations qui mettraient en danger des Français./.

(Source : site Internet de l’Assemblée nationale)

Syrie - Vote d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies (27 novembre 2012)

La France salue l’adoption hier par l’Assemblée générale des Nations unies de la résolution sur les droits de l’homme en Syrie.

Ce vote qui a rassemblé 132 États en faveur de la résolution fait la démonstration de la mobilisation de la communauté internationale contre les exactions dans ce pays et souligne l’isolement du régime syrien sur la scène internationale, y compris au sein du monde arabe puisque plus de la moitié des États membres de la Ligue arabe a co-parrainé ce texte.

Cette résolution appelle à la cessation des violences et condamne les graves violations des droits de l’Homme et les violences massives commises par le régime contre la population civile syrienne, y compris les femmes, les enfants et les personnels médicaux. Elle condamne l’utilisation d’armes lourdes et de bombardements aériens de la part du régime. Elle rappelle l’importance de la lutte contre l’impunité des auteurs de crimes, en particulier de crimes contre l’humanité.

Face à la détérioration d’une situation humanitaire qui génère des centaines de milliers de déplacés et de réfugiés vers les pays limitrophes, l’Assemblée générale appelle les autorités syriennes à autoriser l’accès à leur territoire aux organisations humanitaires. Elle appelle les pays donateurs à faire preuve de solidarité à l’égard de la population syrienne.

Cette résolution démontre à nouveau l’isolement du régime de Damas, qui a perdu toute légitimité tant auprès du peuple syrien qu’au niveau international.

Nous appelons tous les pays signataires de cette résolution à reconnaître et soutenir la Coalition nationale syrienne, qui est pour la France, comme pour un nombre croissant d’États membres, le seul représentant légitime du peuple syrien.

Syrie - Versement à la coalition d’une aide d’urgence de 1,2 million d’euros : Déclaration du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius - Paris, 26 novembre 2012

(Paris le 26 novembre 2012)

Alors que la Coalition nationale syrienne organise, aujourd’hui et demain au Caire, une réunion avec la communauté internationale sur l’aide à la population syrienne, la France décide de lui allouer une aide d’urgence humanitaire de 1,2 million d’euros.

Nous avions déjà apporté depuis le début de cette année, une aide financière directe de 1,2 million d’euros aux Conseils révolutionnaires civils pour des actions humanitaires.

La France apporte également une aide supplémentaire aux réfugiés syriens en Irak, en Jordanie et au Liban en subventionnant, pour 300 000 euros, un ensemble de projets mis en œuvre par des ONG. La France salue le travail courageux sur le terrain de nos partenaires médecins de l’Union des Organisations syriennes de secours médicaux et la création récente du Collectif de développement et de secours syrien qui a vocation a fédérer les associations et les ONG qui veulent venir en aide au peuple syrien.

La situation humanitaire en Syrie se dégrade. Il est impératif que la communauté internationale agisse.

La France, qui la première a reconnu la nouvelle Coalition comme seule représentante légitime du peuple syrien, souhaite désormais lui faciliter les moyens de venir en aide à ses compatriotes en situation de détresse./.

Syrie : questions-réponses sur Twitter avec le porte-parole du Quai d’Orsay

Dernière modification le 05/12/2012

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