Propos de l’ambassadeur - Ordre du Mérite Agricole

Transcription des propos de l’Ambassadeur de France à l’occasion de la remise de l’Ordre du Mérite agricole à six personnalités espagnoles.
Résidence de France – mercredi 26 juillet 2012.

Monsieur le Ministre,
Messieurs les Présidents,
Mesdames et messieurs,
Chers amis,

Aujourd’hui, la République Française rend hommage, en remettant les Insignes de l’Ordre du Mérite agricole à des citoyennes et des citoyens espagnols engagés dans leur métier, lié à l’agriculture. Engagés, tout d’abord, pour donner un sens à la Politique agricole commune et, ensuite, pour que l’agriculture de leur pays, l’Espagne, voisine de la France, puisse entretenir les meilleures relations possibles avec l’agriculture française.

En effet, l’agriculture est, aussi bien pour l’Espagne que pour la France, un secteur bien particulier.

Preuve en est son importance économique. J’ai lu les déclarations récentes du ministre espagnol de l’Agriculture, Miguel Arias Cañete, qui nous honore aujourd’hui par sa présence. Je lui en suis très reconnaissant.
L’agriculture espagnole donne à ce pays, toutes les raisons d’être fière que peut avoir un pays de la hauteur de l’Espagne peut avoir en ces moments difficiles que nous connaissons en Europe. Nous, les Français, nous en sommes conscients tout simplement parce qu’aujourd’hui, l’Espagne exporte plus de produits agricoles et agroalimentaires en France que l’inverse.
Cela illustre le chemin important et admirable que l’agriculture espagnole a parcouru en peu d’années.

L’agriculture est aussi, d’après ce que nous observons, un secteur qui a encore un énorme potentiel de développement grâce par exemple au savoir-faire des agriculteurs et à la qualité des organisations professionnelles. Je pense par ailleurs que ce secteur pourra bénéficier d’un soutien public de la part du gouvernement et des autonomies [régions espagnoles], compte tenu en effet des nouvelles lois que le ministre vient d’annoncer pour le mois de septembre, qui visent à mieux organiser l’agriculture espagnole.

Nous faisons face exactement aux mêmes défis en France et ce sont exactement ces défis dont il faut tenir compte dans le cadre de l’avenir de la Politique agricole commune, mais aussi dans le cadre du difficile débat que nous allons mener sur les ressources du budget européen des quatre prochaines années. Dans cette bataille, l’Espagne et la France sont des alliés. Nous sommes des alliés parce que nos intérêts convergent. Nous sommes des alliés parce que nos deux pays considèrent aussi que l’agriculture, comme je viens de le dire, n’est pas un secteur économique comme les autres.

En premier lieu, au regard du potentiel qu‘il représente. Ensuite, parce que, dans le monde d’aujourd’hui, l’autosuffisance alimentaire est quelque chose d’absolument stratégique. En troisième lieu, parce que le consommateur est de plus en plus exigent et qu’il a besoin de sécurité alimentaire. Il a besoin d’avoir confiance dans les produits qu’il consomme, il exige de la santé. Et enfin, l’agriculture est liée à notre patrimoine, héritage des siècles passés de nos ancêtres qui ont marqué notre paysage de leur empreinte. L’agriculture illustre notre identité profonde en tant que peuples européens. Et cela, nous ne voulons le perdre sous aucun prétexte.

Pour toutes ces raisons, aujourd’hui, au-delà d’une remise de décorations et de la reconnaissance de la République Française, je souhaite souligner la volonté profonde de nos deux pays pour défendre, promouvoir et moderniser ensemble l’agriculture.

Certains citoyens comme ceux que nous allons honorer ce soir rendent ceci possible avec leur talent, leur dévouement personnel, et leur engagement pour le développement de l’agriculture, et ceci dans un contexte de coopération avec le pays voisin qu’est le nôtre, avec la France.

Dernière modification le 03/01/2018

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