L’ambassade aime l’art contemporain ! [es]

Des nombreuses actions menées par l’Institut Français aux décorations officielles, en passant par la décoration même de la résidence de l’ambassadeur, l’art contemporain est une passion de la « France en Espagne ».

L’ambassadeur de France en Espagne, M. Yves Saint-Geours, a remis, le 23 octobre 2018 à la Résidence de France à Madrid, les insignes de Chevalier des Arts et Lettres à Manuel Segade.
Après avoir été diplômé de l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle, le galicien Manuel Segade a engagé un parcours professionnel de dimensions européennes en commençant par la France. Dans son discours, l’ambassadeur a salué sa trajectoire artistique et ses recherches universitaires. L’ambassadeur a aussi reconnu l’engagement social de Manuel Segade en tant que directeur du Centre Dos de Mayo à Móstoles, qui souhaite rendre accessible l’art contemporain à un très large public.

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L’ordre des Arts et des Lettres a été créé le 2 mai 1957 et dépend du ministère de la Culture, celui-ci décidant des nominations après avoir pris connaissance des avis émis par le Conseil de l’ordre des Arts et des Lettres. Cette décoration honorifique française récompense « les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu’elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde ». Cet ordre honorifique comprend trois grades : chevalier, officier et commandeur. L’ambassade de France en Espagne décore régulièrement des personnalités espagnoles qui participent au rayonnement de la France à l’étranger comme par exemple : l’écrivaine, metteuse en scène et actrice espagnole Angélica Liddell, les réalisateurs espagnols Jaime Rosales et Pedro Almodóvar, la directrice du centre Conde Duque de Madrid Concha hernández, l’écrivain Arturo Pérez Reverte, l’actrice Victoria Abril, entre autres exemples de personnalité ayant reçu cette distinction.

Le discours de Manuel Segade, mêlant son parcours universitaire et son expérience professionnelle à Paris avec humour et émotion et a été très apprécié :
« Je me suis rappelé d’une donnée élémentaire, du langage : je dormais chez une amie que je visitais à Saint-Jacques, après une nuit de fête, quand soudain elle me réveilla parce qu’elle croyait avoir perdu son portefeuille. Pendant les secondes où je n’étais pas encore réveillé, je lui répondis automatiquement en français. Je peux affirmer que j’ai rêvé en français pendant des années, que le français été la langue de mes émotions. »
« Un frère de ma grand-mère avait lui aussi été décoré par la République Française : il avait fait partie du groupe des huit mille brigadiers espagnols républicains qui avaient aidé à libérer Paris. »
« J’ai continué à étudier le français pendant mes études universitaires. J’avais changé de goût et c’est à ce moment-là que je voulais lire Albert Camus, Marguerite Duras et Jean Genet ; (…) Et bien évidemment, je mettais en relation ce que je pensais de l’histoire de l’art contemporain avec cette théorie de l’art du post-structuralisme français. Je dois dire que l’architecture de mes pensées reste à ce jour très française. »
« Juste après avoir tatoué ma peau en français, je décidai de déménager à Paris, en 2007 : (…) L’idée de reprendre ma thèse sur les corps qui naissaient à la fin du XIXème siècle à Paris : les dandys, les saintes du Moyen-Âge alors canonisées comme Jeanne d’Arc, les corps des femmes fatales, des cocottes et des danseuses de cancan… »
« Mes autres souvenirs de huit ans passés à Paris sont aussi constitutifs . Les interminables soirées à la maison, les soirées crêpes, les soirées tajine, les soirées beaujolais… elles m’ont toutes beaucoup appris sur l’art de la conversation. »

Discours en entier : cliquez ici

Enfin, la résidence accueille des œuvres d’art contemporain qui cohabitent avec les éléments artistiques plus traditionnels : après avoir exposé les « Marianas » de Manolo Valdés pendant plusieurs années, l’ambassadeur a récemment accueilli « Lou in Antibes », une sculpture de Jaume Plensa (arrivant de la Galerie Lelong) .

Compte Instagram de l’ambassade de France en Espagne
Site web de l’Institut français en Espagne

Dernière modification le 25/10/2018

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