Eugène Delacroix, enchanté par Cadix en 1832 [es]

Dans son livre « Delacroix : Embrujo y Luz de Cádiz » (éditions Ende), l’historien Juan Antonio Vila nous révèle le court séjour improvisé, mais prolifique, du peintre Eugène Delacroix dans la ville espagnole de Cadix.

Le 9 mai 1832, le peintre Eugène Delacroix, déjà célèbre en raison du tableau « La liberté guidant le peuple », se retrouvait une semaine en quarantaine sur le bateau nommé La Perle en provenance de Tanger, en raison de l’épidémie de choléra qui frappait l’Afrique du nord. Après avoir reçu la permission de descendre, le peintre décida de rester quatre jours de plus dans la ville de Cadix.

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Vue depuis la rade de la baie de Cadix le 15 mai en attendant le débarquement, réalisée depuis La Perle. Musée Condé.

Durant ces quelques jours, il peignit de nombreuses aquarelles et paysages urbains, ainsi que des personnages, tels que des moines ou des femmes avec des mantilles. Selon l’historien, il peignait de manière « frénétique » tout ce qu’il voyait, jusqu’à remplir quatre-vingt-dix-sept pages du carnet qu’il emportait toujours avec lui. Son intention était alors d’utiliser ces croquis pour en reproduire certains éléments dans d’autres tableaux. Par exemple, pour réaliser le décor de Colomb et son fils dans la Rabida, exposé à la National Gallery de Washington, il a recopié son aquarelle de la sacristie du couvent de Saint-Domingue. Enchanté par l’atmosphère et la lumière de la ville, Eugène Delacroix de retour à Paris, encouragea de nombreux artistes et écrivains, comme Franz Liszt ou Alexandre Dumas, à visiter Cadix.

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Sacristie du couvent Saint-Dominique, 20 mai 1832 - « Le moine qui fumait dans la sacristie ». Musée du Louvre.
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« Colomb et son fils à Rabida » qui utilise le décor du dessin ci-dessus. National Gallery de Washington.

Une enquête de dix-huit mois réalisée par Juan Antonio Vila, a permis de reconstituer cette visite oubliée du génie du romantisme, mais aussi de corriger des erreurs historiques. Il semble qu’Eugène Delacroix gardait précieusement cette collection dans son atelier parisien. Après sa mort en 1863, sa famille a divisé ce lot de croquis pour les vendre aux enchères, ce qui a entraîné des erreurs de localisation. C’est ainsi que certaines scènes de tableaux, exposés dans de prestigieux musées comme le Louvre ou le Thyssen, avaient été situées par erreur à Séville, Tanger ou encore à Cordoue, alors que Delacroix n’y avait jamais été.

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Chapelle du Sanctuaire de l’Église du Couvant de San Francisco, au Musée de Bayonne jusqu’à récemment connu sous le nom de Intérieur d’une église de Cordoue.
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Peinture de l’ « Auberge anglaise », au 6 rue San Francisco, qui appartenait à la fondation Jan Krugier et portait le titre de « Cour intérieure du Maroc, localisation inconnue ».

Pour en savoir plus : Place San Francisco de Cadix. Musée de Grenoble.

Lire Delacroix : Embrujo y Luz de Cádiz aux éditions Ende

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Image en une : Peinture de l’ « Auberge anglaise », au 6 rue San Francisco, qui appartenait à la fondation Jan Krugier et portait le titre de « Cour intérieure du Maroc, localisation inconnue ».

Dernière modification le 04/09/2020

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