Dévoilement de la plaque en hommage à M. Pigeonneau (14 décembre 2021) [es]

L’ Ambassadeur, M. Jean-Michel Casa, a organisé, dans le hall de l’ambassade, mardi 14 décembre 2021, une cérémonie en hommage à M. Jacques Pigeonneau, chargé d’affaires de l’ambassade de France à Madrid d’avril 1938 à février 1939.

L’Ambassadeur a dévoilé une plaque, qui rend hommage à M. Jacques Pigeonneau, dans le hall de l’ambassade. Il a rappelé son action au sein de cette ambassade et plus largement au parcours exceptionnel qui a été le sien, et celui de son épouse, Mme Marthe Pigeonneau. La cérémonie s’est déroulée en présence d’un représentant du secrétariat d’État chargé de la Mémoire démocratique espagnol et du petit-fils de Jacques et Marthe Pigeonneau, M. Didier Pigeonneau, et de sa famille.

L’ambassadeur a souligné les "circonstances extraordinairement difficiles" dans lesquelles Jacques Pigeonneau a exercé sa mission en Espagne d’avril 1938 à février 1939, "en mettant l’accent sur l’aide à une population madrilène durement éprouvée par la guerre. Il a été, à cette occasion, le courageux représentant officiel de la République française auprès de la République espagnole assiégée, ce qui l’a personnellement exposé aux attaques du camp vainqueur, après la chute de la République, en février 1939".

L’ambassadeur a évoqué le parcours de M. Pigeonneau et de sa femme, ensuite, dans la Résistance française, où ils se sont illustrés, après s’être "ralliés, dès le lendemain de l’Appel du 18 juin 1940, au Général de Gaulle. A cet égard, l’action de M. Pigeonneau visant à faciliter le passage, vers Londres, vers la liberté, d’officiers et de personnalités, mais aussi de familles juives persécutées, vient nous rappeler que la route de la France libre est bien souvent passée par l’Espagne. Le prix de ces engagements a été élevé, puisque Jacques Pigeonneau a connu la prison, en France comme en Espagne, avant d’être révoqué par le régime illégitime de Vichy.

L’ambassadeur a tenu à souligner que cet hommage coïncide avec une période d’intense travail de mémoire : du côté espagnol, la présentation devant le Congrès des députés, en octobre dernier, du projet de loi sur la mémoire démocratique, par le ministre de la Présidence, des Relations avec les Cortès et de la Mémoire démocratique, Félix Bolaños ; du côté français, l’hommage que le président de la République a rendu, le 1er avril 2020, à la mémoire de Rafael Gomez Nieto, qui venait de s’éteindre dans sa centième année à Strasbourg et qui était le dernier survivant de la « Nueve », compagnie de combattants républicains espagnols, luttant pour la Libération de la France et de l’Europe de la barbarie nazie, et intégrée à la 2e DB du Général Leclerc.

"Dans des circonstances tragiques, ces hommes et ces femmes engagés pour la République espagnole comme pour la Résistance française, ne se sont jamais laissé détourner du combat, du plus profond de leurs âmes, pour la liberté dans nos deux pays et, plus largement, en Europe. Ces vies héroïques viennent nous rappeler que l’Espagne républicaine, comme la France résistante, étaient présentes, côte à côte, dans la victoire des Alliés sur le nazisme. Et je me réjouis que, dans le cadre de son projet de loi pour la mémoire démocratique, le Gouvernement espagnol ait précisément choisi la date du 8 mai 1945, la date de notre victoire commune contre le fascisme, pour commémorer l’exil républicain et resituer ainsi la République espagnole et ses combattants à leur juste place : au cœur de la mémoire démocratique européenne."

"C’est précisément pour honorer cette page majeure d’une Histoire que la France et l’Espagne ont en partage que le Président de la République, Emmanuel Macron, et le Président du Gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, ont fait le choix d’organiser la dernière édition du Sommet bilatéral à Montauban. Et c’est dans ce cadre que, côte à côte, ils se sont recueillis devant la tombe de Manuel Azaña, dernier président de la Deuxième République espagnole, mort en France en 1940, victime ô combien symbolique de l’exil républicain."

"A l’heure où disparaissent les derniers témoins directs de notre histoire partagée, c’est dans cette volonté d’en maintenir vivant le souvenir que s’inscrit aujourd’hui le dévoilement de cette plaque en hommage à M. et Mme Pigeonneau."

Dernière modification le 01/02/2022

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