Décès d’Hervé Le Roy, chef du service économique régional à Madrid de 2017 à 2019

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C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de notre ancien collègue Hervé Le Roy, chef du service économique régional de notre ambassade, de 2017 à 2019.

Parti à la retraite en juillet 2019, il avait conservé des relations étroites avec ses anciennes équipes.

Hervé Le Roy était un serviteur de l’Etat, au sens le plus noble du terme et son parcours professionnel fut d’une exceptionnelle richesse. Après avoir été coopérant du service national au Congo Brazzaville, il a travaillé en Syrie, au Zimbabwe et en Colombie. Il a occupé des fonctions de conseiller économique à Istanbul, Houston, Caracas, Abidjan, Brasilia et Athènes. A Paris, il a été directeur général délégué du centre français du commerce extérieur et inspecteur général de direction générale du Trésor.

Madrid fut son dernier poste. Il était Ministre Conseiller pour les affaires économiques. Ses anciens collègues ont apprécié ses grandes qualités professionnelles. C’était un homme droit et subtil, dont le franc parler, la hauteur de vue et le talent dans l’art de la dialectique étaient reconnus de tous. Ses anciens collègues n’oublieront pas non plus ses qualités personnelles, notamment sa bienveillance et son sens de l’humour.

Hervé Le Roy avait des attaches de longue date avec la Grèce et singulièrement avec l’île d’Ithaque. C’est en participant à un programme social au bénéfice des habitants de cette île que ses anciens collègues ont tenu à lui rendre hommage, afin que le souvenir d’Hervé Le Roy reste à l’image de ce que fut toute sa carrière : le souci de l’équité et de l’intérêt général chevillé au corps.

Lors de sa réception de despedida àMadrid, à l’occasion de son départ en retraite, Hervé Le Roy avait redit son amour pour son île grecque et ses attentes quant à la nouvelle vie qui commençait pour lui. Il avait illustré son propos de la citation d’un poème de Constantin Cavafis, consacré à Ithaque et au voyage. En mémoire d’Hervé Le Roy, nous vous proposons de lire ou relire ces très beaux vers du grand poète grec d’Alexandrie, traduits par Marguerite Yourcenar.

Quand tu partiras pour Ithaque,
souhaite que le chemin soit long,
riche en péripéties et en expériences.

Ne crains ni les Lestrygons, ni les Cyclopes,
ni la colère de Neptune.
Tu ne verras rien de pareil sur ta route si tes pensées restent hautes,
si ton corps et ton âme ne se laissent effleurer
que par des émotions sans bassesse.

Tu ne rencontreras ni les Lestrygons, ni les Cyclopes,
ni le farouche Neptune,
si tu ne les portes pas en toi-même,
si ton cœur ne les dresse pas devant toi.

Souhaite que le chemin soit long,
que nombreux soient les matins d’été,
où (avec quelles délices !) tu pénétreras
dans des ports vus pour la première fois.

Fais escale à des comptoirs phéniciens,
et acquiers de belles marchandises :
nacre et corail, ambre et ébène,
et mille sortes d’entêtants parfums.
Acquiers le plus possible de ces entêtants parfums.

Visite de nombreuses cités égyptiennes,
et instruis-toi avidement auprès de leurs sages.

Garde sans cesse Ithaque présente à ton esprit.
Ton but final est d’y parvenir,
mais n’écourte pas ton voyage :
mieux vaut qu’il dure de longues années,
et que tu abordes enfin dans ton île aux jours de ta vieillesse,
riche de tout ce que tu as gagné en chemin,
sans attendre qu’Ithaque t’enrichisse.

Ithaque t’a donné le beau voyage :
sans elle, tu ne te serais pas mis en route.
Elle n’a plus rien d’autre à te donner.

Même si tu la trouves pauvre, Ithaque ne t’a pas trompé.
Sage comme tu l’es devenu à la suite de tant d’expériences,
tu as enfin compris ce que signifient les Ithaques.

Dernière modification le 03/06/2020

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