Aide alimentaire au sein de l’UE : un accord prolonge le PEAD [es]

Le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD), qui menaçait d’être bloqué en raison de divergences entre pays, devrait pouvoir finalement être maintenu au cours des deux prochaines années, grâce à un accord entre le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, et son homologue allemande, Ilse Aigner. 18 millions de personnes, en Europe, sont concernées par ce programme.

Les États membres de l’Union européenne sont parvenus, ce lundi 14 novembre lors du Conseil Agriculture et après des mois de blocage*1, à un accord qui va permettre de prolonger, sur crédits PAC pendant deux ans (2012-2013), le programme communautaire de distribution de denrées alimentaires aux personnes les plus démunies de l’UE.

En effet, il est prévu près de 500 millions d’euros par an de fonds de l’UE pour ces actions.
L’Allemagne, principal contributeur du programme, s’est engagée à maintenir sa contribution financière et à travailler, avec la France, pour qu’à partir de 2014 (date d’entrée en vigueur de la prochaine programmation budgétaire), ce programme soit considéré comme relevant de la politique sociale, conformément à un arrêt rendu par la Cour de Justice européenne en juin 2011, estimant que le PEAD ne pouvait être financé sur budget mais uniquement sur excédents alimentaires) :
L’enjeu des négociations était d’éviter, dès cet hiver, une réduction drastique du PEAD - de l’ordre de 80 % - de ces fonds.


Le soutien de l’Allemagne était donc crucial pour permettre un maintien de l’aide de l’UE aux associations d’aide alimentaire européennes.

Cette situation avait pleinement mobilisé Bruno Le Maire, qui avait notamment déclaré : « L’Europe, c’est la solidarité et l’Europe, c’est l’aide à tous ceux qui sont frappés par la crise. L’Europe, c’est le maintien d’une aide pour ceux qui ne peuvent pas se nourrir correctement chaque jour.  »

« La négociation [avec l’Allemagne] a été difficile. Il y a un point qui n’est pas négociable pour le gouvernement français, c’est le maintien de l’intégralité de l’aide aux plus démunis pour 2012 et 2013. On est en situation de crise économique, il y a une aggravation de la pauvreté dans beaucoup de pays en Europe », a par ailleurs assuré le ministre Bruno Le Maire.

« Je suis profondément heureux du déblocage par les États membres des plans 2012 et 2013 de distribution alimentaire aux plus démunis. J’ai d’ores et déjà demandé à mes services de se mobiliser pour que tout soit prêt afin d’assurer la continuité du programme cet hiver. Comme elle l’a montré ces dernières semaines, la Commission européenne veut rester un partenaire solide des banques alimentaires », a commenté Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’Agriculture.

Le prochain Conseil agricole, en décembre, devrait adopter cet accord. Le Parlement européen a d’ores et déjà fait savoir son intention de ne pas s’y opposer.

*1 : Le financement du PEAD était jusqu’ici remis en cause par six États de l’Union formant une minorité de blocage (Allemagne, Sudède, Royaume-Uni, Danemark, République Tchèque, Pays-Bas), qui s’opposaient à ce que les fonds alloués au titre du PEAD, tirés du budget agricole, soient utilisés à des fins de politique sociale.

- Plus d’informations : site du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire
- Qu’est-ce que le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) ?
- Réponse du ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, à une question d’actualité à l’Assemblée nationale (15/11/2011)
- Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a également évoqué le PEAD, lors de son déplacement en Allemagne (Berlin, 26/10/2011), devant la Fondation Konrad Adenauer, :
"Ce programme de l’Union Européenne qui permet la distribution
de repas à 18 millions de démunis en Europe a été créé en 1987
par Jacques Delors et le célèbre humoriste français Coluche.
- Il faut que vous compreniez l’importance de ce programme aux
yeux des Français. En Allemagne, il n’a pas la même importance
politique. J’en suis conscient. Et je l’explique aux Français.
L’Allemagne dépense beaucoup d’argent pour un programme
qui ne lui est d’aucune utilité. Et je peux comprendre ses
réserves.
- J’ai donc pensé que dans ce cas nous devrions faire appel à la
méthode franco-allemande :
J’ai expliqué les raisons de l’importance de la PEAD à de
nombreux décideurs allemands.
Nous avons élaboré un compromis avec la Commission
européenne : 1/ nous maintenons le programme pour les
années 2012 et 2013. 2/ A l’ avenir, nous sommes prêts à y renoncer et à le refonder en tenant compte des positions allemandes.
De cette façon, nous espérons que l’Allemagne fasse un
geste politique à notre égard. C’est le seul moyen de
parvenir à un compromis solide et efficace.
"

Dernière modification le 09/12/2011

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